CORAIL DÉVELOPPEMENT

Aide au développement
Coopération décentralisée à volet économique

Actualités des projets et des missions

Janvier 2023

L’EDITO DE RAYMOND WATTELET, VICE-PRESIDENT

« Pour un développement humaniste sans concession »

Œuvrer pour les populations défavorisées en renforçant leurs services publics, faciliter dans le même temps l’accès des PME françaises à l’international, solliciter pour cela les bailleurs de fonds, voilà un défi qui ressemble à la quadrature du cercle. C’est pourtant la tâche choisie par Corail. Une tâche noble à laquelle j’ai adhéré voilà quelques années.

Les écueils sont nombreux sur ce chemin.

  • Les différences culturelles entre les populations.
  • Les attentes des différents acteurs qui s’entrechoquent.
    • Les édiles locaux veulent des résultats rapides
    • Les PME veulent des retours immédiats et espèrent se développer localement
    • Les bailleurs ont des objectifs politiques qui leurs sont propres
  • La différence entre le temps politique (élections) et celui du développement (temps long)
  • Les changements d’interlocuteurs suite aux élections.
  • Les changements d’interlocuteurs dans les administrations.
  • Etc…

Garder son âme, son intégrité, son indépendance d’action, sont autant d’objectifs à garder en ligne de mire pour que Corail reste ce qu’elle est.

Garder son âme et son intégrité, les fondateurs l’ont toujours fait et nul doute que cela continuera.

Garder son indépendance d’action lorsqu’on doit assurer la survie de l’association tout en étant tributaire des lois de l’économie de marché est un chalenge.

Les pressions peuvent venir :

  • Des politiques qui veulent, et c’est compréhensible, des retombées sur leur propre territoire ;
  • Des bénéficiaires locaux qui sont pressés des résultats concrets attendus sans pour autant avoir conscience de la montagne de travail à mettre en œuvre pour les atteindre ;
  • Des entreprises pour qui le « gâteau » n’est jamais assez gros.

Et sur ce dernier point mon avis est très net. : ex patron d’une PME et actuellement Vice-Président de Corail après en avoir, un temps, assuré la présidence.

Les personnes morales ne doivent pas être membres de Corail

Personnellement j’ai adhéré, lorsque j’étais en activité, intuitu personae. En effet j’ai toujours considéré que, d’une façon générale, les personnes morales et particulièrement les entreprises n’avaient pas leur place dans une association susceptible de nouer des relations commerciales avec elles. Il s’agit là de respecter le principe qui interdit d’être à la fois juge et partie.

Le respect de ce principe est important sur le plan moral et en pratique il donne à l’association la liberté de refuser ou d’accepter en son sein des personnes en fonction de leur engagement personnel sur les valeurs de l’association.

Imaginons une entreprise membre de Corail. Elle est représentée initialement par une personne, dont les valeurs sont compatibles avec celles de Corail. Mais le temps passe, et l’entreprise change de représentant. Les valeurs de ce nouveau personnage ne sont plus en phase avec les nôtres : que faire ? On ne peut pas exclure la personne car elle n’est pas membre mais seulement représentante d’un membre (son entreprise) qui, elle, n’a pas modifié ses engagements. Belle ambiance !!!

Autre cas de figure : l’entreprise, membre de Corail, ne présente pas toutes les garanties souhaitables pour se voir confier une mission dans un projet dont elle a absolument besoin sur le plan financier. Que doit décider Corail ? ignorer l’entreprise pour sauvegarder le projet ? ou l’inverse ? 2 mauvaises solutions !

Sans avoir une imagination débordante il est possible de penser à d’autres situations toutes aussi désastreuses les unes que les autres.

Mon souhait : que Corail continue sa route grâce à ses membres, tous de chair et d’os, convaincus du bien-fondé de leur engagement. Que les entreprises, par leur expertise, participent à l’amélioration des conditions de vie des populations et favorisent de ce fait leur propre développement c’est parfait ! Ainsi pas de mélange des genres.

C’est dans le but de respecter cette philosophie, que Corail a en projet la rédaction d’une charte que les entreprises signeront pour continuer ou commencer à travailler avec CORAIL.

Bonne année à tous

 

Raymond WATTELET

Janvier 2023

L’EQUIPE CORAIL S’AGRANDIT !

Nouvelle année, nouvelle équipe ! Nous sommes ravis d’annoncer à nos partenaires l’arrivée de Sébastien DUFOIX dans l’équipe Corail ! Cette newsletter est l’occasion pour vous de faire connaissance avec un profil que l’on dirait taillé pour la philosophie de l’association.

 

Evoluer avec d’autres cultures

La curiosité de Sébastien pour les cultures qui ne sont pas les siennes ne date pas d’hier. Il a en effet eu la chance de voyager autour du globe : Mali, Togo, Tunisie mais également Etats-Unis et Europe ont fait naitre en lui l’envie de développer sa capacité à évoluer dans un contexte culturel différent du sien. Une ambition confirmée par sa première mission au Burkina Faso de 2017 à 2019. Cette curiosité pour la solidarité internationale et les échanges interculturels a en réalité toujours été présente chez Sébastien qui a grandi dans une famille bercée par l’humanitaire.

 

Placer le sens avant le profit

Atout majeur pour son poste au sein de l’association, Sébastien a dans un premier temps étudié le management et le commerce au sein de l’IDRAC puis de l’ESC Clermont Business School. Cinq années lui ayant permis de renforcer son parcours d’expériences professionnelles en alternance sur des fonctions commerciales dans le domaine médical. Un master en poche et un an de service pour un cabinet de recrutement suisse, il a finalement regagné la France dans une quête de plus de sens. Gestion de projet ne rimant pas toujours avec course au profit, il se réoriente alors vers sa première vocation : la solidarité internationale. Une première expérience dans la collecte de fonds pour des ONGs internationales le sensibilise à ces enjeux avant de se rendre au Burkina Faso en 2017 où il concourra à des activités agricoles génératrices de revenus pour des groupement de femmes. En 2019, le contexte sécuritaire local et sanitaire mondial le ramèneront en France où il travaillera dans le service diététique d’un hôpital de la croix rouge puis intégrera Bioforce pour enrichir son cursus d’un Master 1 en logistique humanitaire.

 

Valoriser toutes les échelles de l’aide

Enfin, c’est la richesse et la variété des partenariats entretenues par Corail qui ont attiré Sébastien. En effet, lors de son expérience au Burkina Faso, l’échec d’un projet mené par un bailleur international l’avait amené à se questionner sur les structures et les échelles les plus pertinentes à mobiliser dans les projets de solidarité. Il avait alors créé une entreprise de production mais également de transformation et de commercialisation de production maraichère afin de valoriser les producteurs locaux.  Son intérêt pour les modèles hybrides tels que la coopération décentralisée et l’intégration des entreprises aux projets d’aide résonne tout particulièrement avec la méthode Corail.

Ayant éprouvé les relations aux structures privées lors de sa première vie professionnelle puis les relations aux OSC locales lors de la seconde, Sébastien est donc solidement armé pour passer de l’humanitaire à l’aide au développement !

Janvier 2023

ENTHOUSIASME FRANCO-IVOIRIEN POUR L’OPERATION TELEMETRIE BELIER

L’année 2023 s’est terminée sur une très bonne nouvelle pour les activités de Corail en Côte d’Ivoire ! Le Vice-Président de la Région Auvergne Rhône-Alpes, Philippe Meunier, s’est rendu dans la région du BELIER en décembre dernier où il a pu rencontrer M. DIOMANDE, directeur de cabinet du ministère de l’Hydraulique ivoirien. L’occasion de partager leur enthousiasme au sujet de la troisième étape de l’opération « Télémétrie Bélier » en cours de lancement. Pour rappel, cette opération relève de la coopération décentralisée entre la Région Auvergne Rhône-Alpes et la Région ivoirienne du Bélier. Elle vise à venir en appui au renforcement de capacités de la Direction de l’Hydrologie laquelle va voir son parc de stations télémétriques croitre de manière exponentielle grâce à l’intervention de nombreux projets internationaux.

 

Le résultat d’un travail coconstruit

Face à l’impact des changements climatiques et du développement du pays sur la ressource en eau ivoirienne, les institutions publiques en charge de sa gestion cherchent à améliorer leur connaissance de cette ressource, de ses usages et de son évolution. La présente opération vise donc à accompagner le remplacement des anciennes pratiques de relevé visuel par un dispositif de télémétrie automatisé. Une première étude de faisabilité a été réalisée en 2018 par le Corail, accompagnée de l’entreprise SEMERU. À la suite d’une mission d’investigation ayant permis de recueillir les besoins et attentes du Conseil Régional du Bélier (CRB) et de la Direction Générale des Infrastructures d’Hydraulique Humaine (DGIHH), le binôme a travaillé à la conception d’un dispositif pilote.

Une seconde étape pilote a donc permis l’installation de trois stations de mesure automatisées et un superviseur dédié à la collecte des informations transmises en février 2022. L’objectif n’a pas été de former les équipes ivoiriennes aux technologies de la télémétrie, déjà maitrisée localement, mais de déterminer avec les institutions locales les ressources humaines et financières et les organisations spécifiquement adaptées en vue de préparer le déploiement de la technologie au niveau national. Ainsi, un programme a été établis grâce un diagnostic fonctionnel de la Direction du l’Hydrologie. Le montant des investissements et les coûts d’exploitations ont été définis et l’ingénierie financière du déploiement a été identifiée.

 

Une démarche d’accompagnement au renforcement de capacités

Une troisième étape visera donc, sur une durée de trois ans, à accompagner le service dans la nouvelle configuration identifiée, jusqu’à appropriation du dispositif complet et maîtrise des différentes fonctions installées. Pour ce faire les services vont se voir dotés :

  • D’une dispositif pilote de connaissance des eaux de surface notamment en lien avec les questions de gestion hydraulique des ouvrages, de prévision des sécheresses et d’annonce de crues ;
  • D’un dispositif de suivi et d’exploitation des eaux souterraines ;
  • D’une plateforme de partage de données permettant le regroupement et l’exploitation de celle-ci.

En outre, la Direction de l’Hydrologie sera structurée et son personnel formé dans la perspective d’une exploitation d’un parc d’une centaine de stations télémétriques réparties sur l’ensemble du territoire ivoirien et d’un accroissement de la visibilité des actions menées par la Direction. Enfin, une étude des solutions de pérennisation financière de ces systèmes d’information sur l’eau (SIE) sera réalisée afin d’identifier les possibilités de financements permettant de couvrir les coûts du service.

L’ensemble de ces actions d’appropriation de ces nouveaux outils sera accompagné par des experts émanant des services des différents acteurs français.

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