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Ludovic Le Contellec gérant d'Améten

Ludovic Le Contellec, gérant du bureau d'études Améten

Juillet 2022

L’édito de Ludovic Le Contellec, trésorier de Corail et directeur du bureau d’étude Améten

« L’aménagement du territoire et l’environnement : plus qu’un métier, une véritable passion. »

Lorsque j’ai décidé, il y a près de 10 ans, de créer ma société Améten (Aménagement du territoire et Environnement), je l’ai fait par passion du métier, mais également pour maîtriser mon outil de travail, afin qu’il puisse être pérenne le plus longtemps possible dans une perspective de développement durable intégrant le côté viable de ce concept.

Cette passion est venue au plus profond de moi en Bretagne, où j’ai baigné dans un univers iodé qui m’a façonné au quotidien lors de mes nombreuses balades géologiques et escapades le long du littoral du Trégor dans les Côtes-d’Armor (Perros-Guirec, Trébeurden, etc…), sur la Côte de Granit Rose, … Une véritable trajectoire de vie et d’amour pour l’aménagement du territoire et la nature s’est dessinée, en étant tout d’abord militant dans une association contre les travaux du Port de Trébeurden, mais également en proposant des aménagements légers et intégrés avec des pistes cyclables, des parkings d’accès aux plages de Beg Léguer sur la commune de Lannion dans les Côtes d’Armor (22), ainsi que des propositions de protection des dunes du littoral de cette même commune. C’était entre 1988 et 1991 et puis, chemin faisant, à travers mes études dans le domaine de l’environnement (1992-1995), débouchant sur une thèse de doctorat en 1998 dans le domaine de l’eau et de l’environnement, j’ai eu par la suite l’occasion de travailler dans différents bureaux d’étude d’ingénierie en France dans les domaines des infrastructures de transport sur les thématiques de l’eau et de l’environnement (1999-2012). L’ensemble de ces expériences professionnelles m’ont permis d’aboutir à la création d’Améten en 2013, qui rassemble aujourd’hui 42 personnes sur quatre sites (Grenoble, Annecy, Lyon et Bordeaux), cinq cellules thématiques (environnement règlementaire et foncier, hydraulique et milieux aquatiques, sites et sols pollués, milieux naturels et suivi environnemental en phase chantier) et un département international depuis deux ans et demi sur les problématiques de l’eau, de l’assainissement et de la gestion des déchets. Mon objectif est de conserver la taille humaine d’Améten pour ne pas dépasser 50 salariés, afin de garder le plaisir au travail et la qualité des relations humaines qui m’animent au quotidien.

 

Ma rencontre avec Alain Tidière et Corail Développement, qu’il dirige, s’est faite il y a six ans au cours d’une discussion sur une terrasse d’un café, et à cette époque, malgré tout mon intérêt pour les missions menées par Alain à l’international, la société Améten n’était pas encore prête, pas assez forte et structurée pour se lancer dans cette aventure…

Et puis, il y a un peu plus de deux ans, Alain Tidiere m’a appelé en me parlant du projet du Tagant en Mauritanie. Nous avons échangé durant près de trois heures et il m’a convaincu de répondre à un appel à projet lancé par la région Auvergne-Rhône-Alpes et l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse sur l’identification des ressources en eaux souterraines en Mauritanie, ce que j’ai fait et que nous avons obtenu.

A partir de ce moment-là, j’ai compris qu’Améten avait grandi et qu’une aventure nouvelle pouvait s’ouvrir, mais que le plus dur restait à faire : convaincre les bailleurs de fonds de la qualité de notre travail et embarquer mes collaborateurs dans cet horizon lointain. Ça a été réalisé lors de la restitution de la phase 1 de ce dossier, puis nous avons dans la foulée remporté l’appel à projet des coalitions d’acteurs sur la phase 2 du Tagant en 2021 pour le compte de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de l’agence de l’eau RMC, en collaboration avec Corail. J’ai pu, au travers de ces différents appels à projets, apprécier la philosophie de Corail et d’Alain Tidière : raisonner global, notamment pour ce qui concerne les enjeux climatiques ; la possibilité pour une entreprise de nouer des relations durables avec un bénéficiaire plutôt que de  travailler en « one shot » ; la mise en place de transfert de compétences aux pays en développement, tout en respectant leur contexte, en s’y adaptant et en mobilisant leurs propres compétences, associées à celles des PME françaises dans les projets à l’international.

 

Actuellement, Améten fait intervenir les collaborateurs désireux de s’engager sur l’international : Khalid Alami, hydrogéologue de 30 ans d’expérience, embauché comme directeur international ; deux hydrogéologues; une hydraulicienne spécialiste des thématiques de l’hydraulique urbaine et fluviale ; un ingénieur spécialiste des bases de données SIG dans le domaine de l’eau et de l’environnement, et moi-même, avec mes 28 ans d’expérience. Ce service est avant tout fort de l’expérience de ses membres, qui possèdent entre dix et trente de métier. L’objectif est de parvenir d’ici trois à cinq ans à réaliser 10 à 12 % du chiffre d’affaires d’Améten (environ 4,5 à 5 millions d’euros) à l’international, à savoir 500 000 € par an sur les métiers de l’eau et de l’environnement.

Pour moi, engager Améten dans le développement à l’international sonnait comme une évidence, surtout dans un cadre tel que celui défini par la coopération décentralisée, en lien avec des associations et des ONG, avec un transfert de savoir-faire et de technologies entre les pays du Nord et du sud. Cette intervention à l’international a vocation à apporter à Améten et ses salariés une ouverture d’esprit, un développement personnel et de nouvelles perspectives professionnelles. En effet, sur les incitations d’Auvergne-Rhône-Alpes et de l’Agence de l’Eau notamment, le fonctionnement de notre bureau d’étude se situe à mi-chemin entre ONG et bureau d’étude classique, avec les allers-retours entre ce qu’Améten réalise en France et ce qu’elle retire du transfert de ses méthodes à l’étranger, sorte de laboratoire d’expérience ou de benchmarking.

Enfin, je voudrais aussi souligner les difficultés du développement à l’international pour une PME française comme Améten qui ose s’engager, prendre des risques, ce qui nécessite de comprendre le fonctionnement local dans les pays africains concernés (Mauritanie, Côte d’Ivoire et Cameroun actuellement). C’est la confiance tissée avec Corail qui, de par son expérience à l’international, permet et permettra à l’équipe d’Améten de franchir les obstacles et de résoudre les problématiques qu’elle rencontre à l’étranger.

 

Et, comme je l’écrivais au début de cet article, et pour finir sur une note d’optimisme, il est important que le travail que l’on mène, quel qu’il soit, reste un plaisir quotidien et partagé, afin que le métier d’ingénieur en aménagement du territoire et en environnement soit avant tout une passion.

Ludovic Le Contellec

Gérant de la société Améten et trésorier de Corail

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rachad et hala prélèvent l'eau

Les étudiants prélèvent de l'eau à analyser

Juillet 2022

Une étude sur la rivière libanaise Abou Ali pour lutter contre la pollution

Le Nahr Abou Ali est une rivière qui traverse 5 caza (districts) du Nord Liban, dont le caza de Bcharré avec lequel Corail a le plaisir de travailler depuis 2005 sur la question de l’eau. Nous avions d’abord accompagné la Fédération de Bcharré dans la préparation d’un schéma directeur d’assainissement en 2009, en cours de réalisation sur financement de l’Agence Française de Développement, schéma qui comportera 14 filtres plantés de roseaux, technique adoptée unanimement suite au succès du pilote dans le quartier de Harim de la ville de Bcharré, dont Corail avait appuyé la maîtrise d’œuvre.

Malgré la mise en place d’un réseau d’assainissement, de nombreuses sources de pollution continuent à menacer la qualité de l’eau de cette rivière. Désireux d’améliorer la qualité de l’eau de leur territoire, les caza de Bcharré et Zgharta-Ehden ont sollicité Corail, Chambéry, l’Aude et l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse en 2020 pour réaliser une étude sur ces sources de pollution diffuse. La 1ère étape en 2021 a permis de rassembler de nombreuses études scientifiques concernant le territoire ou plus globales, à l’aide des universitaires locaux ayant accepté de prendre part au comité scientifique du projet. Sur leurs conseils, la 2e étape du projet vise à compléter ce savoir.

Une année d’analyse des polluants bactériologiques et inorganiques par l’Université Libanaise

Ainsi, Jalal Halwani, directeur du département santé environnement de l’Université Libanaise de Tripoli, un post-doctorant spécialiste de la question, Rachad Al Haj, et une étudiante de master 2, Hala Haydar, réalisent actuellement une étude qui devrait permettre de recenser les principaux polluants de la rivière et leurs sources. Ces étudiants prélèvent de l’eau une fois par mois sur 10 points de la rivière. Des analyses physico-chimiques et la recherche de 2 bactéries, escherichia coli et les coliformes totaux, sont réalisées avec la collaboration des Etablissements de Eaux du Liban Nord de Bcharré et Zgharta-Ehden. Equipés d’un laboratoire portable offert par le consortium français, les étudiants recherchent également une dizaine de polluants inorganiques qui pourraient affecter la ressource en eau. Ils investigueront également le territoire pour cartographier l’origine des pollutions détectées.

Les 1ers résultats de l’étude seront présentés en octobre 2022, à la fin du stage de Hala, et l’étude se poursuivra sous la responsabilité du post-doctorant Rachad Al Haj jusqu’en avril 2023. Nous sommes heureux de pouvoir valoriser ces expertises locales, le Liban ayant des universités de grande qualité.

Nous attendons avec hâte les résultats de l’étude et les recommandations, qui seront transmises aux décideurs locaux pour leur permettre d’élaborer un plan d’action visant à améliorer la qualité de la ressource en eau du bassin versant du Nahr Abou Ali.

Alain Tidière 2021

Alain Tidière, directeur de Corail

Juillet 2022

Faites connaissance avec l’équipe de Corail Développement !

En 1999, Alain Tidière et cinq amis créent l’association CORAIL, acronyme de « COopération Rhône-Alpes InternationaL », qu’il dirige depuis. L’objectif de cette association d’aide au développement est de contribuer au rééquilibrage entre le Nord et le Sud sur les plans sociaux, économiques et écologiques. L’originalité de l’approche développée par Alain est de créer une synergie entre entreprises et ONG pour renforcer les services publics du Sud.

Dès 1980, au sein de Dune, bureau d’études sur la pathologie des bétons qu’il avait créé en 1985, Alain réfléchissait à la complémentarité entre entreprises et associations. La méthode envisagée à l’époque était d’institutionnaliser un reversement systématique du tiers des bénéfices de l’entreprise à des structures comme Handicap International et Vétérinaires sans Frontières, ce que la fermeture de Dune en 1993 n’avait malheureusement pas permis de concrétiser.

De belles réalisations

C’est avec CORAIL qu’Alain a pu tester cette méthode, en appuyant les collectivités locales dans la réalisation d’une cinquantaine de projets de coopération décentralisée.

Parmi les plus belles réalisations de CORAIL, devenue ensuite Corail Développement, citons la mise en place d’un dispositif d’alerte de crue dans le bassin versant de Bouregreg au Maroc en 2009. Après une étude, Alain a mobilisé Raymond Wattelet, directeur de Paratronic, non seulement pour installer des stations de télémétrie, mais surtout pour former les techniciens locaux à l’exploitation et à la maintenance de ces derniers. Parallèlement, Alain a accompagné les autorités locales dans la définition des procédures d’alerte. Ce projet illustre parfaitement la stratégie portée par Corail, cherchant à promouvoir l’approche projet (répondre au besoin) plutôt que l’approche produit (répondre à la demande).

Autre réalisation notable, le schéma directeur d’assainissement du caza de Bcharré dans le Liban Nord. C’est en 2005 que la Fédération sollicite le soutien d’Alain, qui l’accompagne dans la conception de ce dernier et lui propose d’utiliser la technique des filtres plantés de roseaux. Convaincus par le pilote réalisé en 2013, les décideurs locaux adoptent unanimement la proposition d’Alain, qui est en cours de réalisation sur financement de l’Agence Française de Développement depuis 2019. Une fois encore, la stratégie gagnante de Corail a été de fonder la définition du projet sur une concertation continue entre institutions et sur une politique d’échange avec les populations concernées, et ce jusqu’à ce que chaque acteur de l’opération se soit personnellement approprié le projet. Corail a pleinement intégré ce travail sur la gouvernance à ses méthodes.

Cette méthode a été d’une grande importance en 2021 lors de la réalisation d’un pilote de télémétrie dans la région du Bélier en Côte d’Ivoire. En effet, lorsque les appareils techniques ont été installés, Alain a soutenu l’organisation d’une cérémonie de libation au cours de laquelle les dignitaires locaux ont fait appel à l’accord et à la protection des ancêtres pour les appareils. Cette cérémonie a permis d’améliorer l’acceptabilité des stations par la population. Elle est l’illustration des possibilités d’enrichissement mutuel entre deux culture différentes.

L’avenir de Corail Développement

Aujourd’hui, Corail Développement semble avoir permis de démontrer la complémentarité entre entreprises et ONG dans l’aide au développement. Alain souhaite transmettre l’association à une équipe de jeunes, pour pérenniser cette méthode intégrant les entreprises tout en faisant passer les considérations humanistes avant les impératifs de profit.

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