CORAIL DÉVELOPPEMENT

Aide au développement
Coopération décentralisée à volet économique

Actualités des projets et des missions

Janvier 2023

L’AVENIR DE LA POMME DANS LE CAZA DE BCHARRE

La dernière newsletter de l’année 2022 est l’occasion de revenir sur le projet d’accompagnement à la structuration de la filière de la pomme dans le caza de Bcharre (Liban) en cours de finalisation. Une opération particulièrement enrichissante pour les membres de Corail qui ont pu rencontrer des experts, des universitaires et des acteurs de la pomiculture française et libanaise.

Un projet permis par la coopération décentralisée franco-libanaise qui uni la région Auvergne Rhône-Alpes et la ville de Chambéry à la Fédération des Municipalités du Caza de Bcharre ainsi que le Ministère français de l’Europe et des Affaires Etrangères (MEAE) au travers d’un appel à projet de la Délégation pour l’Action Extérieure des Collectivités Territoriales (DAECT).

 

Améliorer la connaissance de la filière

Une première partie de la mission de Corail consistait à accompagner l’approfondissement des études menées sur la filière pomme. En effet, une première phase d’investigation menée entre 2021 et 2022 avait mis en exergue le levier de développement économique que représentait l’agro-tourisme. Ajouté à cela que « 70% de la population du caza prenait part à l’activité agricole du territoire » en 2021 et que « la pomiculture constitue la culture principale, occupant 60 à 90% des surfaces agricoles », cette dernière fût identifiée comme l’une des priorités de travail pour les partenaires franco-libanais.

Cette deuxième étape a donc donné lieu à un travail de cartographie réalisé par la chargée de mission de la Fédération qui a eu pour but d’identifier les acteurs de la pomiculture et les liens qui les unissent. En outre, l’association libanaise ALDES a été mandatée pour réaliser une étude de marché de la filière afin de vérifier la pertinence d’une action de structuration, de s’assurer que les coûts engendrés soient couverts par des nouveaux revenus pour les agriculteurs.

Si l’un des acquis principaux de ces investigations est le constat des limites des données existantes, il n’en reste pas moins que ces travaux permettront d’orienter de nouvelles recherches et des premières actions de structuration lors des phases à venir.

 

Créé du lien intra-filière

Si de nombreux projets de coopérative et d’achat commun de matériel émergent, aucune réflexion commune sur l’ensemble de la filière n’a encore réussi à aboutir dans le caza de Bcharre. Or, à l’heure actuelle, les agriculteurs se retrouvent individuellement à devoir baisser leurs prix face aux grossistes qui jouent le jeu de la concurrence. Depuis la crise économique, les producteurs vendent leurs caisses de pommes au tiers du coût de leur production. Une situation qui pousse nombre d’entre eux à laisser leurs pommes pourrir au sol. Pour plus de détails, Clara SEEMAN, chargée de projet au sein de la Fédération, revient sur la situation libanaise et son impact sur les producteurs de pomme dans un article de notre dernière newsletter. S’ajoute à cela le changement permanent de variété en vogue sur le marché, la chasse aux résidus de pesticide, la perte des invendus…

Lors de notre mission de terrain d’octobre dernier, nous avons eu la chance d’accompagner un expert machine et une expert filière de la Chambre d’Agriculture d’Auvergne Rhône-Alpes dans une série de rencontre avec les acteurs de la filière (agriculteurs, grossistes, propriétaires d’entrepôts frigorifiques, élus…). L’objectif était alors de recueillir leurs difficultés et attentes mais également de planter les premières graines d’une réflexion commune autour de la création d’une structure collective de gestion de la filière. S’il est déjà possible de d’annoncer qu’il s’agira d’un travail de long terme, l’enthousiasme et la profusion d’idées qui ont émergé de notre réunion finale de réflexion avec des producteurs du caza présagent pourtant un avenir prometteur à l’opération qui sera poursuivi dans le cadre du FICOL « Qadisha Durable » !

Janvier 2023

PAROLE DE PARTENAIRE – DES SOLUTIONS POUR FAIRE FACE AU STRESS HYDRIQUE EN MAURITANIE

Pour cette 9ème Newsletter, nous avons fait le choix de réitérer le format « Parole de partenaire » en tendant la plume à Oumar BA, chargé de programme au sein de l’association mauritanienne ADIG, partenaire local de nos projets en Mauritanie.  

 

L’adduction d’eau potable à Kiffa

Au cours du mois de juillet 2022, Le Fonds de l’OPEP pour le développement international (OFID) a approuvé un financement de 40 millions pour réaliser le projet d’Adduction d’Eau Potable (AEP) à Kiffa. C’est ainsi que, l’OFID a rejoint la Banque Islamique de Développement (BID), le Fonds Saoudien de Développement (FSD) et d’autres partenaires finançant ce programme dont le coût est estimé à 317 millions $.

Malgré les financements ci-haut cités, au cours de la période estivale passée, les populations de la ville de Kiffa ont été confrontées à un grand problème d’accès à l’eau potable.  Parmi les quartiers de la ville, seul KADIMA, situé dans une basse altitude, est encore desservi par le réseau de la Société Nationale Des Eaux (SNDE) . Il est important de noter que, la nappe censée ravitailler la ville n’est plus en mesure de l’approvisionner. Les cinq forages de raccordement, disséminés dans un rayon de 15Km, sont presque à sec. Cette situation force les habitants de Kiffa à recourir à l’achat d’eau avec les charretiers dont le fût d’eau de 200 litres coûte entre 30 et 40 ouguiya (soit entre 0,77 et 1,03€).

C’est pour améliorer cette situation en apportant une réponse efficace et durable que, CORAIL en partenariat avec le CRMA d’une manière globale et la municipalité de Kiffa d’une manière spécifique, met en œuvre son expertise dans ce domaine. En outre, CORAIL a réalisé des études sur quelques forages. A ce jour, cette ONG Française est dans la recherche de financement pour mettre en œuvre les résultats des études.

 

Le projet de contrat de rivière sur l’Oued M’sile

L’Oued M’sile s’étend sur plus de 300 Km, il quitte les montagnes de l’Affolé dans la Wilaya du Hodh Elgharby et traverse 5 communes de la Wilaya de l’Assaba à savoir Aghoratt, Melgué, Kouroudjel, Sani et Kankassa avant de se déverser au fleuve Sénégal en passant par la Wilaya du Guidimakha.

Cet affluant formait jadis une zone agro-sylvo-pastorale pour les populations autochtones et transhumantes. Le déficit et surtout l’irrégularité des précipitations ont favorisé le mode de vie nomade dans les deux tiers nord du pays, puis la sédentarisation et la transhumance, au sud. C’est ainsi que, pour pallier cette situation, le gouvernement a mis en place des aménagements comme les barrages de (Maghtaa Sfere, Guevere ect…).

 

Afin de contribuer à cette réponse du Gouvernement, en partenariat avec le PNUD, les ONG ADIG et CORAIL sont venus en appui au CRMA dans la réalisation d’un diagnostic des 5 communes ci-haut citées dans le cadre des activités du projet contrat rivière. La réalisation des études liées à l’eau et d’un diagnostic monographique dans le cadre du contrat rivière ont permis le renforcement de capacités du personnel de l’ADIG dans les domaines en question.

Personnellement, j’ai connu l’ONG CORAIL en 2014 lors de la mission de son président à l’époque Raymond WATTELET. Depuis ce temps j’ai eu la chance de connaitre les réalisations de cette association. J’ai eu l’opportunité de travailler début 2022 avec Corail sur un projet de gestion des déchets dans la ville de Kiffa  en tant que consultant local.

Cette collaboration est en parfait accord avec ma conviction de la pertinence de leurs activités. J’ai la chance d’être entouré de leur équipe avec qui nous échangeons très régulièrement sur les diverses missions que j’ai à réaliser. En effet, les responsabilités que Corail me confie, à ce jour en tant que représentant local chargé de la relation avec les partenaires, l’administration et interprète des différences culturelles, renforce mes compétences dans divers domaines.

Octobre 2022

L’EDITO D’AGATHE WATTELET, CHARGEE DE PROJET

« La philosophie de Corail se base sur l’équilibre des cultures, sur la richesse que représente leur diversité. »

 

Bénévole, stagiaire et désormais employée au sein de Corail développement, j’ai eu la chance de questionner les valeurs de l’association dans le cadre de mon mémoire de fin d’étude. La philosophie qu’Alain Tidière m’a exposée avec conviction a éveillé ma curiosité dès notre première rencontre : accompagner les populations des pays du Sud au développement à l’échelle des collectivités territoriales pour permettre d’une part de prendre en compte les cultures locales et d’autre part de valoriser le savoir-faire des PME françaises. Autrement dit, de co-construire des projets adaptés aux paramètres locaux (techniques, culturels, contextuels…) tout en créant une forme de réciprocité garante de la pérennité des échanges. Seulement, mon enthousiasme comme celui de notre directeur n’ont pas valeur de preuve quant à l’intérêt de cette méthode.

Je me suis donc plongée pendant près d’un an et demi dans les archives de Corail, qui démontrent la construction et la pertinence de cette philosophie. Au fur et à mesure de mes investigations, j’ai constaté que Corail n’était pas uniquement un opérateur de l’aide au développement mais également, peut être inconsciemment, un laboratoire qui, projet par projet, perfectionne son approche. De mon point de vue d’étudiante, certes modeste mais extérieur, j’ai découvert Corail sous un autre angle : un pilote d’expérimentation d’une méthode d’aide au développement qui mériterait d’être transmise aux acteurs qui touchent, de près ou de loin, à l’amélioration des conditions de vie de populations en exprimant la demande.

Si Corail affirme mettre un point d’honneur à prendre en compte les cultures des pays aidés, il me semble que cette approche va même plus loin. En effet, entretenir des relations de confiance dans le cadre de la coopération décentralisée, en lien avec les OSC et les entreprises locales, conduit à la co-construction et à l’adaptation des projets aux contextes de leur réalisation. Cependant, l’association s’appui également sur la volonté française, depuis le rapport Laignel de 2013, de réduire le déficit de la balance extérieur et de répondre à la problématique de l’emploi grâce à l’exportation de nos PME. Elle ne récuse pas non plus la nécessité de rentabilité des bailleurs comme la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International ou la Banque Européenne d’Investissement. De ce fait, c’est également la culture du pays aidants qu’elle respecte, en ne diabolisant pas ses motivations économiques.

La philosophie de Corail se base en réalité sur l’équilibre de ces cultures ; plus philosophiquement sur la richesse que représente leur diversité. En cherchant à trouver la complémentarité des objectifs et des ressources de tous, elle vise à mettre en place des échanges de long terme sortant d’un prisme caritatif induisant une échelle de valeur entre, justement, les valeurs de chaque société. L’association se sert des temps longs dont elle dispose, hors des contraintes d’urgence ou de rentabilité, pour appréhender les schémas mentaux et les attentes des acteurs français ou étrangers, privés ou publics, aidés ou aidants… Sa raison d’être ne serait finalement que de servir d’intermédiaire de rencontre entre deux cultures, qui sans « acteur tampon » risqueraient d’aboutir à un échec (comme l’histoire de l’aide au développement le prouve).

Ce « temps masqué » qui fait finalement l’intérêt de cette structure a abouti à des méthodes très concrètes. Pour ne citer que celle qui me semble la plus importante, nos opérations sont systématiquement réalisées en trois phases. Une étude de faisabilité destinée à amener les acteurs territoriaux à s’accorder sur la solution la plus à même de répondre à leurs besoins respectifs. Une phase pilote permettant l’adaptation du dispositif aux contraintes locales et son appropriation par les usagers. Ces deux étapes s’appuient uniquement sur des acteurs proches des réalités de terrain et/ou techniques : collectivités territoriales, OSC, entreprises. Et enfin, une phase de déploiement, pour capitaliser sur les conclusions de l’expérimentation, dont l’importance des budgets permet la mobilisation des bailleurs de fonds. Chaque étape mobilise donc les compétences et les ressources financières les plus adaptés à sa logique.

Si cet édito est tinté de la subjectivité qui est la mienne, il ne néglige pas les progrès qu’il reste à faire pour Corail. Si les phases pilotes sont si importante pour l’association, c’est qu’elle reconnait que toute méthode mérite d’être amendée. Raison pour laquelle elle recherche aujourd’hui de nouvelles têtes pensantes et agissantes pour défendre ses valeurs, mais avant tout pour les faire évoluer aux grés des apprentissages.

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